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164
pages
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Français
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Jules VallèsL’EnfantG. Charpentier, 1889 (pp. 1-399).Ai-je été nourri par ma mère ? Est-ce une paysanne qui m’a donné son lait ? Jen’en sais rien. Quel que soit le sein que j’ai mordu, je ne me rappelle pas unecaresse du temps où j’étais tout petit : je n’ai pas été dorloté, tapoté, baisotté ; j’aiété beaucoup fouetté.Ma mère dit qu’il ne faut pas gâter les enfants, et elle me fouette tous les matins ;quand elle n’a pas le temps le matin, c’est pour midi, rarement plus tard que quatreheures.Mademoiselle Balandreau m’y met du suif.C’est une bonne vieille fille de cinquante ans. Elle demeure au-dessous de nous.D’abord elle était contente : comme elle n’a pas d’horloge, ça lui donnait l’heure.« Vlin ! Vlan ! zon ! zon ! – voilà le petit Chose qu’on fouette ; il est temps de fairemon café au lait. »Mais un jour que j’avais levé mon pan, parce que ça me cuisait trop, et que jeprenais l’air entre deux portes, elle m’a vu ; mon derrière lui a fait pitié.Elle voulait d’abord le montrer à tout le monde, ameuter les voisins autour ; maiselle a pensé que ce n’était pas le moyen de le sauver, et elle a inventé autre chose.Lorsqu’elle entend ma mère me dire : « Jacques, je vais te fouetter !– Madame Vingtras, ne vous donnez pas la peine, je vais faire ça pour vous.– Oh ! chère demoiselle, vous êtes trop bonne ! »Mademoiselle Balandreau m’emmène ; mais au lieu de me fouetter, elle frappedans ses mains ; moi, je crie. Ma mère remercie, le soir, sa remplaçante.« ...
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Français
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