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Fédor Mikhaïlovitch DostoïevskiJournal d’un écrivainTraduction J.-Wladimir Bienstock et de John-Antoine Nau.Charpentier, 1904 (pp. 185-189).IIIforces mortes et forces futuresOn nous dira : En ce moment il n’y a aucune cause d’inquiétude : tout est clair, tout est au beau fixe. En France, le « Mac-Mahonnat »,en Orient la grande entente des puissances, partout des budgets de guerre formidables : n’est-ce pas là la paix ?Et le pape ? Il va mourir aujourd’hui ou demain, et alors que va-t-il se passer ? Le catholicisme romain consentira-t-il à mourir avec luipour lui tenir compagnie ? Jamais il n’a autant désiré vivre qu’à présent ! D’ailleurs nos prophètes s’inquiètent bien du pape ! Laquestion papale ne se pose même pas chez nous. Elle n’existe pas.Et pourtant le pape est une personnalité immense, qui ne renoncera ni à son pouvoir, ni à ses rêves en l’honneur de la paix dumonde ! En faveur de qui y renoncerait-t-il ? Pour le bonheur de l’humanité ? Mais il y a longtemps qu’il se croit au-dessus del’humanité ! Jusqu’à présent il était l’allié des puissants de la terre et espéra en eux jusqu’aux limites du possible. Mais ces limitessont atteintes, et l’on dit que le catholicisme romain, délaissant les potentats terrestres qui l’ont trahi, va se tourner d’un autre côté.Pourtant le catholicisme romain a traversé des crises plus graves. En proclamant que le christianisme ne peut se maintenir dans cemonde sans le pouvoir temporel du pape, il a proclamé un Christ ...
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