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Fédor Mikhaïlovitch DostoïevskiJournal d’un écrivainTraduction J.-Wladimir Bienstock et de John-Antoine Nau.Charpentier, 1904 (pp. 176-181).MARS_______Ila centenaire« J’ai été en retard toute la matinée, me racontait une dame, ces jours-ci. Je n’ai pu mettre le pied dehors que vers midi, et, — c’étaitcomme un fait exprès, — j’avais des masses de choses à faire. Entre deux courses, à la porte d’une maison d’où je sortais, j’airencontré une vieille femme qui me parut horriblement âgée ; elle était toute courbée et se soutenait sur un bâton. Cependant jen’avais encore aucune idée de son âge véritable. Elle s’installa sur un banc, près de la porte ; je la vis bien, mais trop peu de temps.Dix minutes après, je sortis d’un bureau situé tout auprès et me dirigeai vers un magasin où j’avais affaire. Je retrouvai ma vieillefemme assise à la porte de cette nouvelle maison. Elle me regarda : je lui souris. Je vais faire une autre commission vers laperspective Nevsky. Je revois ma bonne femme assise à la porte d’une troisième maison. Cette fois je m’arrête devant elle, medemandant : Pourquoi s’asseoit-elle ainsi à la porte de toutes les maisons ?— Tu es fatiguée, ma bonne vieille ? lui dis-je.— Je me fatigue vite, petite mère. Il fait chaud ; le soleil est fort. Je vais dîner chez mes petits-enfants.— Alors tu vas dîner, grand’mère ?— Oui, dîner, ma chère, dîner.— Mais tu n’arriveras jamais, ainsi.— Oui, j’arriverai ; je marche un peu, je me repose. Je me ...
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Français