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Fédor Mikhaïlovitch DostoïevskiJournal d’un écrivainTraduction J.-Wladimir Bienstock et de John-Antoine Nau.Charpentier, 1904 (pp. 190-193).AVRIL____Iquelques mots sur des questions politiquesTout le monde parle des questions politiques du jour, tout le monde s’y intéresse ; et peut-on s’en désintéresser ? Un homme trèssérieux que j’ai rencontré par hasard m’a demandé le plus gravement du monde « Eh bien ! Aurons-nous la guerre ? Ne l’aurons-nouspas ? » Je suis demeuré un peu étonné. Bien que, comme tout le monde, je suive avec intérêt les événements, j’avoue que je ne mesuis jamais demandé si la guerre était inévitable ou non. Il paraîtrait que j’ai eu raison : tous les journaux annoncent l’entrevueprochaine, à Berlin, des trois chanceliers et, sans doute, l’interminable affaire d’Herzégovine recevra une solution satisfaisante pourle sentiment russe. Du reste, je n’ai guère été troublé des paroles du Baron de Roditsch. Elles m’ont plutôt amusé quand je les ai luespour la première fois. Plus tard on a fait beaucoup de bruit à leur sujet. Il me semble pourtant que ces paroles ont été dites sansintention d’offenser personne ; je ne leur ai attribué aucune portée politique. Je crois que ce baron a tout simplement un peu radotéquand il a parlé de l’impuissance de la Russie. Il a dû songer en lui-même : « Si nous somme plus fort que la Russie, cela veut direque la Russie n’est guère solide. Nous somme plus fort qu’elle parce que Berlin ne nous laissera ...
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