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Français
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Sainte-BeuveG l a n e s, poésies de Melle Louise BertinRevue des Deux Mondes, Période initiale, 4eme série, tome 29, 1842 (pp. 230-242).On dit que ce volume de poésies a été jusqu’à la fin un mystère pour ceux quipouvaient en être le mieux informés, et qui passaient le plus habituellement leur vieauprès de l’auteur. Pour moi, il ne m’a point surpris. Connu déjà par son grandessai de musique sévère et haute, l’auteur, ce me semble, a dû naturellementchercher à ses intimes pensées une expression plus précise et plus voisine encorede l’ame. La plainte, le désir infini, l’espoir, en cette vie humaine toujours gênée,avaient besoin de se raconter au cœur, de s’articuler plus nettement que par depurs sons qui trop vite échappent. Du moment qu’elle avait le choix entre plusieursmuses, Mlle Bertin devait, un jour ou l’autre, aborder celle-ci. Artiste, cette nouvelleforme en crédit autour d’elle avait de quoi la tenter; femme, cette confidence, àdemi parlée, à demi murmurée, devait lui sourire.Ce volume est né aux Roches, c’est-à-dire en un lieu riant et champêtre qui a euson influence sur l’école poétique moderne, et dans lequel cette école à son tour atrouvé des échos aussi. Il y a là, dans la jolie vallée de Bièvre, tout un coin, un foyerd’action, qui mériterait sa place dans la chronique poétique des dernières années.Les Roches, telles que je les ai vues, ce n’était pas la campagne du Journal desDébats ni d’aucun journal : on n’y parlait point de ces choses ...
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