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30
pages
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Français
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Documents
Description
La puissance anglaise en Chine et dans l’Inde
Adolphe-Philibert Dubois de Jancigny
Revue des Deux Mondes
4ème série, tome 26, 1841
État actuel des Indes anglaises/05
En Asie comme en Europe, de grandes questions ont été décidées ; de plus
grandes sont en suspens. La France a permis que le sort de l’Egypte et de la Syrie
fût réglé provisoirement sans son intervention. La Russie, après avoir fait un pas
vers l’Asie centrale, a rétrogradé devant l’action mystérieuse de l’Angleterre bien
plus qu’elle n’a cédé à la rigueur inaccoutumée du climat, et semble abandonner au
commerce et à la politique de son habile rivale l’influence qu’elle se croyait naguère
appelée à exercer sur les destinées de l’Afghanistan, de la Tartarie, de la Chine
[1]peut-être . Il y a dans ces évènemens quelque chose d’étrange et d’imprévu qui
révèle l’action de causes encore imparfaitement étudiées, ou tout-à-fait
incomprises. Cependant les véritables intérêts des peuples sont les mêmes ; le
fond des grandes questions n’a pas changé ; les solutions sont modifiées ou
ajournées par des accidens : voilà tout. Si des tendances rivales font halte en
quelque sorte d’un commun accord, c’est qu’on a besoin, de part et d’autre, de
gagner du temps : la rencontre n’est que différée, le choc aura lieu un jour, et c’est
dans le calme qui précède l’orage qu’il faut que les nations se préparent aux luttes
de l’avenir. Etrange spectacle que celui que présente le monde à la fin de l’année
1840 ! En Europe, la paix ...
Adolphe-Philibert Dubois de Jancigny
Revue des Deux Mondes
4ème série, tome 26, 1841
État actuel des Indes anglaises/05
En Asie comme en Europe, de grandes questions ont été décidées ; de plus
grandes sont en suspens. La France a permis que le sort de l’Egypte et de la Syrie
fût réglé provisoirement sans son intervention. La Russie, après avoir fait un pas
vers l’Asie centrale, a rétrogradé devant l’action mystérieuse de l’Angleterre bien
plus qu’elle n’a cédé à la rigueur inaccoutumée du climat, et semble abandonner au
commerce et à la politique de son habile rivale l’influence qu’elle se croyait naguère
appelée à exercer sur les destinées de l’Afghanistan, de la Tartarie, de la Chine
[1]peut-être . Il y a dans ces évènemens quelque chose d’étrange et d’imprévu qui
révèle l’action de causes encore imparfaitement étudiées, ou tout-à-fait
incomprises. Cependant les véritables intérêts des peuples sont les mêmes ; le
fond des grandes questions n’a pas changé ; les solutions sont modifiées ou
ajournées par des accidens : voilà tout. Si des tendances rivales font halte en
quelque sorte d’un commun accord, c’est qu’on a besoin, de part et d’autre, de
gagner du temps : la rencontre n’est que différée, le choc aura lieu un jour, et c’est
dans le calme qui précède l’orage qu’il faut que les nations se préparent aux luttes
de l’avenir. Etrange spectacle que celui que présente le monde à la fin de l’année
1840 ! En Europe, la paix ...
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Français
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