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Discours de réception à l’Académie françaisede Jean Barbier d'AucourDiscours de réception à l’Académie françaiseAnonymeJean Barbier d'AucourPrononcé le 19 novembre 1683Comme après la raison, qui est l’essence de l’homme, rien ne lui est si propre ni siutile que la parole, sans laquelle la raison même ne sauroit se faire connoître,l’application que vous donnez à polir et à perfectionner cette parole, est un des plusimportans usages de la raison, et qui contribue davantage à la gloire et à laprospérité des États.Nous voyons en effet que de toutes les nations de la terre, il n’y en a point eu deplus heureuses ni de plus renommées que celles qui ont eu sur les autresl’avantage de bien parler ; et quand nous regardons les Grecs et les Romains, cesdeux peuples autrefois les plus florissans comme les plus éloquens de l’univers, ilsemble que leur éloquence ait été la règle et la mesure de leur prospérité ; car enfinparmi les Grecs, ces fameuses villes qui ont surpassé toutes les autres ensplendeur, les ont aussi surpassées en éloquence, et parmi les Romains, l’heureuxsiècle d’Auguste n’a pas moins été le comble de l’éloquence romaine que lecomble de la grandeur et de la majesté romaine.Mais on ne s’étonnera pas de cette liaison du bien public avec l’éloquence, si l’onconsidère que l’éloquence récompense le plus magnifiquement ceux qui travaillentpour le bien public, rien n’étant comparable à cette glorieuse immortalité qu’elledonne, et qu’elle seule est ...
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