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Discours de réception à l'Académie françaisede Gabriel-Henri GaillardDiscours de réception à l’Académie françaiseAnonymeGabriel-Henri GaillardPrononcé le 21 mars 1771Messieurs,Quand j’ai osé solliciter vos suffrages, je n’ai point eu la présomption de regardermes foibles essais comme des titres ; j’ai seulement espéré beaucoupd’indulgence, parce que j’avois pour juges des hommes supérieurs : j’ai demandé,non la récompense de mes travaux, mais le plus puissant encouragement à denouveaux efforts plus dignes de vous. Vous m’avez exaucé, Messieurs, j’ai reçu leprix d’avance.Je viens le reconnoître et en faire gloire : je viens goûter le plaisir de me voirentouré de bienfaiteurs et d’amis dont la France s’honore, et que l’Europe écoute.Je viens, Messieurs, dans le temple des Muses, jurer par vos exemples et par lebienfait dont je vous rends grâce, que tous mes écrits respireront la justice et labienfaisance ; qu’également éloigné de la licence qui se permet tout, et de cettetimidité lâche qui s’interdit des vérités utiles, je détesterai toujours les souplessesde l’intrigue, les bassesses de la flatterie, les fureurs de la satire. Si je suis en butteà la critique, je renonce au triste avantage d’en repousser les traits, non par orgueilou par mépris, mais parce que l’écrivain qui veut être utile doit se perdre de vue,pour n’envisager que son siècle et la postérité, parce qu’il vaut mieux profiter de lacensure que d’y répondre ; enfin, parce que ces ...
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