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Leconte de LislePoèmes antiquesAlphonse Lemerre, éditeur, s.d. (pp. 309-314).◄ Les Étoiles mortelles Dies iræDies iræ Il est un jour, une heure, où dans le chemin rude,Courbé sous le fardeau des ans multipliés,L’Esprit humain s’arrête, et, pris de lassitude,Se retourne pensif vers les jours oubliés.La vie a fatigué son attente inféconde ;Désabusé du Dieu qui ne doit point venir,Il sent renaître en lui la jeunesse du monde ;Il écoute ta voix, ô sacré souvenir !Les astres qu’il aima, d’un rayon pacifiqueArgentent dans la nuit les bois mystérieux,Et la sainte montagne et la vallée antiqueOù sous les noirs palmiers dormaient ses premiers Dieux.Il voit la Terre libre et les verdeurs sauvagesFlotter comme un encens sur les fleuves sacrés,Et les bleus Océans, chantant sur leurs rivages,Vers l’inconnu divin rouler immesurés.De la hauteur des monts, berceaux des races pures,Au murmure des flots, au bruit des dômes verts,Il écoute grandir, vierge encor de souillures,La jeune Humanité sur le jeune Univers.Bienheureux ! Il croyait la Terre impérissable,Il entendait parler au prochain firmament,Il n’avait point taché sa robe irréprochable ;Dans la beauté du monde il vivait fortement.L’éclair qui fait aimer et qui nous illumineLe brûlait sans faiblir un siècle comme un jour ;Et la foi confiante et la candeur divineVeillaient au sanctuaire où rayonnait l’amour.Pourquoi s’est-il lassé des voluptés connues ?Pourquoi les vains labeurs et l’avenir tenté ...
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