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De la curiositéPlutarqueVictor BÉTOLAUD, Œuvres complètes de Plutarque - Œuvresmorales, t. I , Paris, Hachette, 1870[1] Lorsqu'une maison manque d'air, qu'elle est obscure, trop froide ou malsaine, lemieux est peut-être de l'abandonner. Si pourtant on s'y est attaché par habitude, ilest possible, en déplaçant les fenêtres, en changeant la disposition des escaliers,en ouvrant telles portes, en supprimant telles autres, de la rendre plus claire, mieuxaérée, plus saine. Il y a même des villes que des transformations de ce genre ontmerveilleusement améliorées. Ma patrie en est un exemple. Elle était située àl'Ouest, et ne recevait que le soir, du côté du Parnasse, les rayons du soleilcouchant. On dit qu'elle fut tournée vers le levant par Chéron. Le naturalisteEmpédocle, en bouchant au pied d'une montagne une excavation d'où s'exhalaitdans la plaine un brûlant et pestilentiel vent du midi, passe pour avoir délivré de lapeste toute une contrée. Il est pareillement certaines affections malsaines, funestes,qui portent la tempête dans l'âme et l'obscurcissent. Le mieux serait de lessupprimer et de faire table rase, de manière à donner à l'âme de la sécurité, de lalumière et un souffle pur. Mais si la chose est impossible, il faut du moins changer etmodifier l'âme d'une manière quelconque, en lui donnant un autre tour et une autredirection. Sans aller chercher plus loin, la curiosité, ce désir de connaître les défautsdes autres, est une maladie qui ne semble ...
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Français