-
15
pages
-
Français
-
Documents
Description
De l’horizon d’attente à l’océan d’attente ou comment l’Amérique s’ébauche ex abstracto dans l’entre-deux Thibault GARDEREAU, UQÀM 1. De l’importance de la traversée « New-York [sic] ! On voit New-York [sic] ! » (Achard 17) se substitue à l’exclamation « Terre ! » dans les livres consacrés à l’Amérique entre 1890 et 1945, et déjà toute une imagerie d’Épinal s’est transmuée. Les rivages inconnus n’existant plus ou prou, les écrivains-voyageurs se contentent de redécouvrir le globe à leur manière, et particulièrement le Nouveau Monde. Chateaubriand est allé en Amérique sur un de ces voiliers qui mettaient des semaines à franchir l’Atlantique : Marmier ou Ampère prennent le paquebot, un luxueux paquebot à roues de 24 hommes d’équipage, encombré d’émigrants, voire déjà ! de passagers clandestins. On passera sur leurs considérations sentimentales et philosophiques, banales et prosaïques sur la traversée (Jourda, t. 2, 162). Pierre Jourda oublie que l’exotisme se vit autant qu’il s’imagine et s’anticipe. C’est pourquoi la traversée influence irrésistiblement l’imagination des passagers, puis le processus de représentation de ce « nouveau » Nouveau Monde et consolide l’horizon 1d’attente des écrivains européens ainsi que l’imaginaire qui en découle : toutes les « considérations » qu’ils auront au fil du trajet et dont parle Jourda préludent à leur vision de l’Amérique et nous permettent de mieux la comprendre. 2. L’anticipation de l’aller en trois ...
-
Publié par
-
Langue
Français