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22
pages
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Français
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Description
Charles Baudelaire
Curiosités esthétiques
CURIOSITÉS
ESTHÉTIQUES
I
SALON DE 1845
I
QUELQUES MOTS D’INTRODUCTION
Nous pouvons dire au moins avec autant de justesse qu’un écrivain bien connu à
propos de ses petits livres : ce que nous disons, les journaux n’oseraient l’imprimer.
Nous serons donc bien cruels et bien insolents ? non pas, au contraire, impartiaux.
Nous n’avons pas d’amis, c’est un grand point, et pas d’ennemis. — Depuis M. G.
Planche, un paysan du Danube dont l’éloquence impérative et savante s’est tue au
grand regret des sains esprits, la critique des journaux, tantôt niaise, tantôt furieuse,
jamais indépendante, a, par ses mensonges et ses camaraderies effrontées,
dégoûté le bourgeois de ces utiles guide-ânes qu’on nomme comptes rendus de
[1]Salons .
Et tout d’abord, à propos de cette impertinente appellation, le bourgeois, nous
déclarons que nous ne partageons nullement les préjugés de nos grands confrères
artistiques qui se sont évertués depuis plusieurs années à jeter l’anathème sur cet
être inoffensif qui ne demanderait pas mieux que d’aimer la bonne peinture, si ces
messieurs savaient la lui faire comprendre, et si les artistes la lui montraient plus
souvent.
Ce mot, qui sent l’argot d’atelier d’une lieue, devrait être supprimé du dictionnaire
de la critique.
Il n’y a plus de bourgeois, depuis que le bourgeois — ce qui prouve sa bonne
volonté à devenir artistique, à l’égard des feuilletonistes — se sert lui-même de
cette injure.
En second lieu le ...
Curiosités esthétiques
CURIOSITÉS
ESTHÉTIQUES
I
SALON DE 1845
I
QUELQUES MOTS D’INTRODUCTION
Nous pouvons dire au moins avec autant de justesse qu’un écrivain bien connu à
propos de ses petits livres : ce que nous disons, les journaux n’oseraient l’imprimer.
Nous serons donc bien cruels et bien insolents ? non pas, au contraire, impartiaux.
Nous n’avons pas d’amis, c’est un grand point, et pas d’ennemis. — Depuis M. G.
Planche, un paysan du Danube dont l’éloquence impérative et savante s’est tue au
grand regret des sains esprits, la critique des journaux, tantôt niaise, tantôt furieuse,
jamais indépendante, a, par ses mensonges et ses camaraderies effrontées,
dégoûté le bourgeois de ces utiles guide-ânes qu’on nomme comptes rendus de
[1]Salons .
Et tout d’abord, à propos de cette impertinente appellation, le bourgeois, nous
déclarons que nous ne partageons nullement les préjugés de nos grands confrères
artistiques qui se sont évertués depuis plusieurs années à jeter l’anathème sur cet
être inoffensif qui ne demanderait pas mieux que d’aimer la bonne peinture, si ces
messieurs savaient la lui faire comprendre, et si les artistes la lui montraient plus
souvent.
Ce mot, qui sent l’argot d’atelier d’une lieue, devrait être supprimé du dictionnaire
de la critique.
Il n’y a plus de bourgeois, depuis que le bourgeois — ce qui prouve sa bonne
volonté à devenir artistique, à l’égard des feuilletonistes — se sert lui-même de
cette injure.
En second lieu le ...
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