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Victor HugoRéponse à un acte d’accusationLes Contemplations, Nelson, 1856 (pp. 29-35).Réponse à un acte d'accusationDonc, c'est moi qui suis l'ogre et le bouc émissaire.Dans ce chaos du siècle où votre coeur se serre,J'ai foulé le bon goût et l'ancien vers françoisSous mes pieds, et, hideux, j'ai dit à l'ombre: -Sois!-Et l'ombre fut. -- Voilà votre réquisitoire.Langue, tragédie, art, dogmes, conservatoire,Toute cette clarté s'est éteinte, et je suisLe responsable, et j'ai vidé l'urne des nuits.De la chute de tout je suis la pioche inepte;C'est votre point de vue. Eh bien, soit, je l'accepte;C'est moi que votre prose en colère a choisi;Vous me criez: Racca; moi je vous dis: Merci!Cette marche du temps, qui ne sort d'une égliseQue pour entrer dans l'autre, et qui se civilise;Ces grandes questions d'art et de liberté,Voyons-les, j'y consens, par le moindre côté,Et par le petit bout de la lorgnette. En somme,J'en conviens, oui, je suis cet abominable homme;Et, quoique, en vérité, je pense avoir commis,D'autres crimes encor que vous avez omis.Avoir un peu touché les questions obscures,Avoir sondé les maux, avoir cherché les cures,De la vieille ânerie insulté les vieux bâts,Secoué le passé du haut jusques en bas,Et saccagé le fond tout autant que la forme.Je me borne à ceci: je suis ce monstre énorme,Je suis le démagogue horrible et débordé,Et le dévastateur du vieil A B C D;Causons.Quand je sortis du collége, du thème,Des vers latins, ...
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Français