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Alphonse de Lamartine — Harmonies poétiques et religieusesLivre premierPoésie, ou Paysage dans le golfe de GênesLa lune est dans le ciel, et le ciel est sans voiles ;Comme un phare avancé sur un rivage obscur,Elle éclaire de loin la route des étoilesEt leur sillage blanc dans l'océan d'azur.A sa clarté tremblante et tendre,L'œil qu'elle attire aime à descendreLes molles pentes des coteaux,A longer ces golfes sans nombreOù la terre embrasse dans l'ombreLes replis sinueux des eaux,Il aime à parcourir la voûteOù son disque trace la routeDes astres noyés dans les airs,A compter la foule azuréeDes étoiles dans l'empyréeEt des vagues au bord des mers.A travers l'ombre opaque et noireDes hauts cyprès du promontoire,Il voit, sur l'humide élément,Chaque flot où sa lueur nageRouler, en mourant sur la plage,Une écume, un gémissement.Couverte de sa voile blanche,La barque, sous son mât qui penche,Glisse et creuse un sillon mouvant ;De la rive on entend encorePalpiter la toile sonoreSous l'aile orageuse du vent.Astre aux rayons muets, que ta splendeur est douceQuand tu cours sur les monts, quand tu dors sur la mousse,Que tu trembles sur l'herbe ou sur les blancs rameaux,Ou qu'avec l'alcyon tu flottes sur les eaux !Mais pourquoi t'éveiller quand tout dort sur la terre ?Astre inutile à l'homme, en toi tout est mystère :Tu n'es pas son fanal, et tes molles lueursNe savent pas mûrir les fruits de ses sueurs ;Il ne mesure rien aux clartés que tu ...
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