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V o l t a i r eM é m o i r e1756Œuvres complètes de Voltaire, tome 24M É L A N G E S[1]M É M O I R ECeux qui sont instruits, à Paris, des manœuvres de M. de Maupertuis contre M. deMairan et d’autres philosophes ne doivent pas être étonnés de sa conduite enversM. Koenig et envers moi. J’avais toujours fait gloire d’avouer que je devaisbeaucoup aux conseils de M. de Maupertuis, lorsque j’étudiai la physiquenewtonienne, alors très-peu connue en France : je l’en remerciai publiquement, et jelui payai le tribut de louanges que je pensais lui devoir. Il ne crut apparemment ni letribut assez fort, ni assez digne de lui : car, lorsque je fus reçu à l’Académiefrançaise, il se plaignit vivement à moi que je ne l’eusse pas comparé, dans mon[2]discours, à Platon voyageant chez Denys de Syracuse ; et je fus même étonné,lorsque j’arrivai à Berlin, de trouver plusieurs personnes instruites de ce fait. Il avaitvoulu, avant de quitter l’Académie de Paris, faire dépouiller M. de Mairan de laplace de secrétaire perpétuel, pour la partager avec moi. Il me la fit proposer par M.de Maurepas. Il prenait pour lui, comme de raison, toutes les parties demathématique, et il m’abandonnait la physique et les éloges. On sent bien que c’eûtété le partage du lion, qu’il aurait bientôt tout pris pour lui, et que je n’aurais été queson sous-secrétaire. M. de Maurepas et ses amis savent que je ne donnai pasdans ce piège. Je ne connais point la politique en fait de littérature ; je ne ...
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