-
3
pages
-
Français
-
Documents
Description
Alphonse de Lamartine — Harmonies poétiques et religieusesLivre troisièmeLe RetourAU COMTE XAVIER DE MAISTREAutour du L é p r e u x Salut au nom des cieux, des monts et des rivagesOù s’écoulèrent tes beaux jours,Voyageur fatigué qui reviens sur nos plagesDemander à tes champs leurs antiques ombrages,A ton cœur ses premiers amours !Que de jours ont passé sur ces chères empreintes !Que d’adieux éternels ! que de rêves déçus !Que de liens brisés ! que d’amitiés éteintes !Que d’échos assoupis qui ne répondent plus ![1]Moins de flots ont roulé sur les sables de Laisse ,Moins de rides d’azur ont sillonné son sein,Et des arbres vieillis qui couvraient ta jeunesse,Moins de feuilles d’automne ont jonché le chemin !Ah ! de nos jours mortels trop rapide est la course,On regrette la vie avant d’avoir vécu !Et le flot qui jamais ne remonte à sa source,Ne revoit pas deux fois le doux bord qu’il a vu !Ah ! si du moins dans nos annéesLes jours perdus ne comptaient pas !Si les jalouses destinéesLes oubliaient sous leur compas !Mais hélas ! la mousse ou la lieDu calice étroit de la vieComble également les contours !Quand il est tari, l’homme expire ;Les pleurs comptent pour le sourire,Les nuits d’exil pour de beaux jours !Je sais qu’après un long orage,Brisé d’efforts et de douleur,Tu fus recueilli sur la plagePar un peuple ami du malheur !Qu’une juste reconnaissance,Comme une seconde naissance,T’apprit à bénir d’autres lieux ;Qu’au sein d’une ...
-
Publié par
-
Langue
Français