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Fable XII.
Le Milan, le Roi, & le Chaſſeur.
À ſon Alteſſe Sereniſſime Monſeigneur le Prince de Conti.
Comme les Dieux ſont bons, ils veulent que les Rois
Le ſoient auſſi : c’eſt l’indulgence
Qui fait le plus beau de leurs droits,
Non les douceurs de la vengeance.
Prince c’eſt vôtre avis. On ſçait que le courroux
S’éteint en vôtre cœur ſi tôt qu’on l’y void naître.
Achille qui du ſien ne put ſe rendre maître
Fut par là moins Héros que vous.
Ce titre n’appartient qu’à ceux d’entre les hommes
Qui comme en l’âge d’or font cent biens ici bas.
Peu de Grands ſont nez tels en cet âge où nous ſommes.
L’Univers leur ſçait gré du mal qu’ils ne font pas.
Loin que vous ſuiviez ces exemples,
Mille actes généreux vous promettent des Temples.
Apollon Citoïen de ces Auguſtes lieux
Pretend y celebrer vôtre nom ſur ſa Lire.
Je ſais qu’on vous attend dans le Palais des Dieux :
Un ſiecle de ſejour doit ici vous ſuffire.
Hymen veut ſejourner tout un ſiecle chez vous.
Puiſſent ſes plaiſirs les plus doux
Vous compoſer des deſtinées
Par ce temps à peine bornées !
Et la Princeſſe & vous n’en méritez pas moins ;
J’en prens ſes charmes pour témoins :
Pour témoins j’en prens les merveilles
Par qui le Ciel pour vous prodigue en ſes preſens,
De qualitez qui n’ont qu’en vous ſeuls leurs pareilles,
Voulut orner vos jeunes ans.
Bourbon de ſon eſprit ces graces aſſaiſonne.
Le Ciel joignit en ſa perſonne
Ce qui ſçait ſe faire eſtimer
À ce qui ſçait ſe faire aimer.
Il ne m’appartient pas d’étaler vôtre joie ...
Le Milan, le Roi, & le Chaſſeur.
À ſon Alteſſe Sereniſſime Monſeigneur le Prince de Conti.
Comme les Dieux ſont bons, ils veulent que les Rois
Le ſoient auſſi : c’eſt l’indulgence
Qui fait le plus beau de leurs droits,
Non les douceurs de la vengeance.
Prince c’eſt vôtre avis. On ſçait que le courroux
S’éteint en vôtre cœur ſi tôt qu’on l’y void naître.
Achille qui du ſien ne put ſe rendre maître
Fut par là moins Héros que vous.
Ce titre n’appartient qu’à ceux d’entre les hommes
Qui comme en l’âge d’or font cent biens ici bas.
Peu de Grands ſont nez tels en cet âge où nous ſommes.
L’Univers leur ſçait gré du mal qu’ils ne font pas.
Loin que vous ſuiviez ces exemples,
Mille actes généreux vous promettent des Temples.
Apollon Citoïen de ces Auguſtes lieux
Pretend y celebrer vôtre nom ſur ſa Lire.
Je ſais qu’on vous attend dans le Palais des Dieux :
Un ſiecle de ſejour doit ici vous ſuffire.
Hymen veut ſejourner tout un ſiecle chez vous.
Puiſſent ſes plaiſirs les plus doux
Vous compoſer des deſtinées
Par ce temps à peine bornées !
Et la Princeſſe & vous n’en méritez pas moins ;
J’en prens ſes charmes pour témoins :
Pour témoins j’en prens les merveilles
Par qui le Ciel pour vous prodigue en ſes preſens,
De qualitez qui n’ont qu’en vous ſeuls leurs pareilles,
Voulut orner vos jeunes ans.
Bourbon de ſon eſprit ces graces aſſaiſonne.
Le Ciel joignit en ſa perſonne
Ce qui ſçait ſe faire eſtimer
À ce qui ſçait ſe faire aimer.
Il ne m’appartient pas d’étaler vôtre joie ...
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