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Français
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Victor HugoLa Légende des sièclesPréfaceÀLA FRANCE――Livre, qu’un vent t’emporteEn France où je suis né !L’arbre déracinéDonne sa feuille morte.V. H.Les personnes qui voudront bien jeter un coup d’œil sur ce livre ne s’en feraient pasune idée précise, si elles y voyaient autre chose qu’un commencement.Ce livre est-il donc un fragment ? Non. Il existe à part. Il a, comme on le verra, sonexposition, son milieu et sa fin.Mais, en même temps, il est, pour ainsi dire, la première page d’un autre livre.Un commencement peut-il être un tout ? Sans doute. Un péristyle est un édifice.L’arbre, commencement de la forêt, est un tout. Il appartient à la vie isolée, par laracine, et à la vie en commun, par la sève. À lui seul, il ne prouve que l’arbre, mais ilannonce la forêt.Ce livre, s’il n’y avait pas quelque affectation dans des comparaisons de cettenature, aurait, lui aussi, ce double caractère. Il existe solitairement et forme un tout ;il existe solidairement et fait partie d’un ensemble.Cet ensemble, que sera-t-il ?Exprimer l’humanité dans une espèce d’œuvre cyclique ; la peindresuccessivement et simultanément sous tous ses aspects, histoire, fable,philosophie, religion, science, lesquels se résument en un seul et immensemouvement d’ascension vers la lumière ; faire apparaître, dans une sorte de miroirsombre et clair ― que l’interruption naturelle des travaux terrestres briseraprobablement avant qu’il ait la dimension rêvée par l’auteur ― cette grande ...
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Français