-
5
pages
-
Français
-
Documents
Description
Alphonse de Lamartine — Recueillements poétiquesÉpître à M. Adolphe Dumas Musa pedestris.Dans les plis d’un coteau j’étais assis à terre,Le soleil inondant l’horizon solitaire,Une brise des bois jouant dans mes cheveux,Paix, lumière et chaleur, servi dans tous mes vœux ;Mon jeune chien, quêtant parmi les sillons fauves.Effeuillait à mes pieds les bleuets et les mauves,Faisant lever joyeux l’alouette du sol,Dont le rire en partant l’insultait dans son vol :Et tout était sourire et grâce sur mes lèvres ;Et, semblable au berger qui rappelle ses chèvresEt rassemble au bercail les petits des troupeaux,Tous mes sens rappelaient mon esprit au repos.Je bénissais Celui dont l’immense naturePrête place au soleil à chaque créature,Et la terre de Dieu qui, du val au coteau,A pour nous cacher tous un coin de son manteau ;Et je ne savais pas, dans ma paisible extase,Si quelque ver rongeur piquait au cœur ma phrase,Si l’encre à flots épais distillait du flaconPour faire sur la feuille une tache à mon nom ;Ou si quelque journal aux doctrines ridées,Comme les factions enrôlant les idées,Condamnait ma pensée à tenir dans l’espritEt dans l’étroit pathos de l'orateur inscrit,Et jetait sur mon vers ou sur ma prose indigneL’ombre de ces grands noms qu’un gérant contre-signe :Le Courrier m’eût privé de feu, de sel et d’eau,Que le jour sur mon front n’eût pas brillé moins beau.Oh ! nous sommes heureux parmi les créatures,Nous à qui notre mère a donné deux ...
-
Publié par
-
Langue
Français