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Stéphane MallarméDivagationsBibliothèque-Charpentier ; Fasquelle, 1897 (pp. 308-312).DE MÊMEUne belle réjouissance d’à présent, due aux sortilèges divers de la Poésie, ne vautque mêlée à un fonctionnement de capitale et en résulte comme apothéose. L’État,en raison de sacrifices inexpliqués et conséquemment relevant d’une foi, exigés del’individu, ou notre insignifiance, doit un apparat : cela improbable, en effet, quenous soyons, vis-à-vis de l’absolu, les messieurs qu’ordinairement nousparaissons. Quelque royauté environnée de prestige militaire, suffisant naguèrepubliquement, a cessé : et l’orthodoxie de nos élans secrets, qui se perpétue,remise au clergé, souffre d’étiolement. Néanmoins pénétrons en l’église, avec l’art :et si, le sait-on ! la fulguration de chants antiques jaillis consumait l’ombre etilluminait telle divination longtemps voilée, lucide tout à coup et en rapport avec unejoie à instaurer. Toujours que, dans le lieu, se donne un mystère : à quel degré en reste-t-onspectateur, ou présume-t-on y avoir un rôle ? Je néglige tout aplanissementchuchoté par la doctrine et me tiens aux solutions que proclame l’éclat liturgique :non que j’écoute en amateur, peut-être soigneux, excepté pour admirer comment,dans la succession de ces antiennes, proses ou motets, la voix, celle de l’enfant etde l’homme, disjointe, mariée, nue ou exempte d’accompagnement autre qu’unetouche au clavier posant l’intonation, évoque, à l’âme, l’existence d’une ...
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