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Théâtre-FrançaisG. de MolènesRevue des Deux Mondes4ème série, tome 32, 1842Chronique de la quinzaine/1842/Théâtre-FrançaisParmi les choses presque disparues de nos jours, il faut mettre cette critiqueattentive et judicieuse qui s’attachait autrefois à l’art théâtral. Les commotions quise sont fait sentir parmi nous, dans l’ordre littéraire comme dans l’ordre politique,ont détruit, chez la plupart des esprits, le calme nécessaire pour les observationspatientes et les jugemens désintéressés. La plus indispensable des conditionspour qu’un état soit discipliné, c’est la stabilité des principes. Pendant qu’on se batdans un royaume afin de savoir à qui appartiendra le pouvoir, la police ne se faitpoint. C’est ce qui est arrivé dans le royaume des lettres. On attaque ou l’on défend,on nie ou l’on affirme, mais l’on ne juge point, si juger, comme nous le pensons,consiste à déduire les motifs sur lesquels on fonde son avis. Au lieu d’éclairer unacteur sur la façon dont il doit comprendre un vers, on déclare ce vers mauvais ousublime, et l’acteur un homme de génie ou un homme sans talent. Aussi ai-jeentendu dire que les comédiens qui prennent leur profession à cœur laissaient decôté l’ambitieux fatras de maint feuilleton moderne pour lire ces vieux articles decritique où les questions théâtrales sont traitées dans leurs moindres détails avecconscience et bonhomie. Le public ne s’inquiète pas, comme les acteurs, de cequ’ont pensé les devanciers de Geoffroy, ...
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