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Français
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Description
Après la bataillePaul AlexisLes Soirées de Médan1880On se battait encore, très loin maintenant, sur l’autre versant du plateau, à deux outrois lieues. Le jour touchait à sa fin, sans que la canonnade se ralentît. Un brouillardglacé se levant du fond de la vallée voisine assourdissait les coups.Un fantassin français se trainait sur la grande route départementale, seul, blessé aupied gauche. Une balle lui avait labouré le talon, heureusement sans fracturer l’os,et elle était ressortie. Obligé d’arracher son soulier, il avait pansé la plaie comme ilavait pu, avec un pan de sa chemise déchiré en bandes. Il avançait très lentement,se servant de son fusil comme d’une canne, appuyant le moins possible son piedmalade contre le sol durci et rendu glissant par la gelée. Les linges du pansementétaient tout rouges, imbibés de sang comme une éponge.Non seulement sa souffrance physique était très grande ; mais, avec la mobilité desa physionomie, à certains longs frissons qui le secouaient tout entier, on était sûrque ce petit corps grêle et chétif, à organisation nerveuse, éprouvait toutesensation, agréable ou pénible, physique ou morale, d’une façon excessive. Unmince cache-nez, noir, de laine très fine, était noué autour de son cou. Bleuies parle froid, ses jolies mains qui, à l’ordinaire, étaient sans doute très blanches, avaientdes engelures aux doigts comme celles d’un enfant. Bien qu’il eût vingt-huit anssonnés, il n’en paraissait pas vingt. Il portait sa ...
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Français
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