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Description
Alcyon ou la métamorphose
Lucien de Samosate
Traduction et notes d’Eugène Talbot (1912)
[1]ALCYON OU LA MÉTAMORPHOSE .
CHÉRÉPHON, SOCRATE.
1. CHÉRÉPHON. Quelle voix, Socrate, est arrivée jusqu'à nous, de ces rivages et
de ce promontoire ! Qu'elle est douce à l'oreille ! Quel est donc l'animal qui peut la
produire ? Car on dit que les habitants des eaux sont muets.
[2]SOCRATE. C'est un oiseau marin , cher Chéréphon ; on le nomme alcyon, il a la
voix gémissante et pleine de larmes : les hommes débitent à son sujet une fable
antique. On dit que, jadis femme et fille d’Éole, fils d’Hellen, elle pleurait amèrement
un époux, objet de sa plus vive tendresse, mort à la fleur de l'âge : c'était Céyx, de
Trachine, fils de Lucifer et d’une beauté égale à celle de son père : la volonté des
dieux lui a donné des ailes ; et maintenant, semblable à un oiseau, elle vole le long
des mers, cherchant son époux, et errant par toute la terre, sans pouvoir le
rencontrer.
2. CHÉRÉPHON. C'est Alcyon, dis-tu ! Jamais auparavant je n'avais entendu cette
voix, qui m'est arrivée toute nouvelle. C'est un son vraiment lugubre que fait
entendre cet oiseau : comment est-il donc fait, Socrate ?
SOCRATE. Il n'est pas grand, mais il a reçu des dieux une grande récompense de
sa tendresse conjugale : durant tout le temps qu'il couve ses petits, le monde passe
des jours nommés alcyoniens, remarquables par le calme qui règne su milieu
même de la mauvaise saison ; c'est aujourd'hui l'un de ces plus beaux jours ...
Lucien de Samosate
Traduction et notes d’Eugène Talbot (1912)
[1]ALCYON OU LA MÉTAMORPHOSE .
CHÉRÉPHON, SOCRATE.
1. CHÉRÉPHON. Quelle voix, Socrate, est arrivée jusqu'à nous, de ces rivages et
de ce promontoire ! Qu'elle est douce à l'oreille ! Quel est donc l'animal qui peut la
produire ? Car on dit que les habitants des eaux sont muets.
[2]SOCRATE. C'est un oiseau marin , cher Chéréphon ; on le nomme alcyon, il a la
voix gémissante et pleine de larmes : les hommes débitent à son sujet une fable
antique. On dit que, jadis femme et fille d’Éole, fils d’Hellen, elle pleurait amèrement
un époux, objet de sa plus vive tendresse, mort à la fleur de l'âge : c'était Céyx, de
Trachine, fils de Lucifer et d’une beauté égale à celle de son père : la volonté des
dieux lui a donné des ailes ; et maintenant, semblable à un oiseau, elle vole le long
des mers, cherchant son époux, et errant par toute la terre, sans pouvoir le
rencontrer.
2. CHÉRÉPHON. C'est Alcyon, dis-tu ! Jamais auparavant je n'avais entendu cette
voix, qui m'est arrivée toute nouvelle. C'est un son vraiment lugubre que fait
entendre cet oiseau : comment est-il donc fait, Socrate ?
SOCRATE. Il n'est pas grand, mais il a reçu des dieux une grande récompense de
sa tendresse conjugale : durant tout le temps qu'il couve ses petits, le monde passe
des jours nommés alcyoniens, remarquables par le calme qui règne su milieu
même de la mauvaise saison ; c'est aujourd'hui l'un de ces plus beaux jours ...
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