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Alphonse AllaisDeux et deux font cinqTout à coup, ce gros petit bonhomme joufflu qui n’avait pas desserré les lèvresdepuis une heure qu’il était devant moi, poursuivit ainsi, à voix haute, son histoirecommencée, sans doute, intérieurement :— Vous comprenez bien que ça ne pouvait pas durer comme ça plus longtemps !Et comme il me regardait, je crus qu’il était de la plus élémentaire courtoisie desembler m’intéresser :— Ça ne pouvait pas durer plus longtemps comme ça ? m’enquis-je non sanssollicitude.— Non, mille fois non ! Et à ma place vous en eussiez fait tout autant.— Je ne sais pas trop ! fis-je par esprit de taquinerie et aussi pour pousser moninterlocuteur à de plus précises confidences.— Vous auriez agi, riposta le gros petit bonhomme joufflu, comme vous auriez crudevoir agir, et moi j’ai agi comme j’ai cru devoir agir… Et la preuve que j’eus raisond’agir ainsi, c’est que je m’en trouve admirablement, de cette détermination, aussibien au point de vue physique qu’au point de vue moral… Tenez, je suis, à l’heurequ’il est, un gros petit bonhomme joufflu, n’est-ce pas ?… Eh bien ! l’annéedernière, à la même époque, j’étais un mince petit bonhomme sec.— Et au moral, donnez aussi une comparaison.— Mon âme, l’année dernière, ma pauvre âme, n’était pas à prendre avec despincettes… Aujourd’hui, on en mangerait sur la tête d’un teigneux.— Alors, vous avez bien fait d’agir ainsi.— Je suis heureux d’avoir l’approbation d’un homme d’esprit comme vous ...
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