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2
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Français
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Description
Alphonse Allais
Deux et deux font cinq
Ce que je vais vous conter là, mes bons petits lecteurs chéris, n’est peut-être pas
d’une cocasserie excessive.
Qu’importe, si c’est une bonne action, et c’en est une !
Vous permettrez bien à l’étincelant humoriste que je suis de se taire un jour pour
donner la parole à l’honnête homme dont il a la prétention de me doubler.
Ma nature frivole, et parfois facétieuse, m’a conduit à commettre un désastre
irréparable peut-être.
Fasse le ciel que l’immense publicité donnée à ce récit en amortisse les
déplorables effets !
C’était hier.
J’avais pris, à la gare Saint-Lazare, un train qui devait me descendre à Maisons-
Laffite.
Notre compartiment s’emplit à vue d’œil. On allait partir, quand, à la dernière
minute, monta une petite femme blonde assez fraîche et d’allure comiquement
cavalière.
Son regard tournant, tel le feu du phare de la Hève, inspecta les personnes et finit
par s’arrêter sur moi.
Elle me sourit d’un petit air aimable, comme une vieille connaissance qu’on est
enchanté de rencontrer.
Moi, ma foi, je lui adressai mon plus gracieux sourire et la saluai poliment.
Mais j’avais beau chercher au plus creux de ma mémoire, je ne la reconnaissais
pas du tout, mais, là, pas du tout.
Et puis, par-dessus les genoux d’un gros monsieur, elle me tendit sa potelée petite
main :
— Comment ça va ? s’informa-t-elle.
J’étais perplexe.
Ma mémoire me trahissait-elle, ou bien si c’était une bonne femme qui me prenait
pour un autre ?
À tout hasard, ...
Deux et deux font cinq
Ce que je vais vous conter là, mes bons petits lecteurs chéris, n’est peut-être pas
d’une cocasserie excessive.
Qu’importe, si c’est une bonne action, et c’en est une !
Vous permettrez bien à l’étincelant humoriste que je suis de se taire un jour pour
donner la parole à l’honnête homme dont il a la prétention de me doubler.
Ma nature frivole, et parfois facétieuse, m’a conduit à commettre un désastre
irréparable peut-être.
Fasse le ciel que l’immense publicité donnée à ce récit en amortisse les
déplorables effets !
C’était hier.
J’avais pris, à la gare Saint-Lazare, un train qui devait me descendre à Maisons-
Laffite.
Notre compartiment s’emplit à vue d’œil. On allait partir, quand, à la dernière
minute, monta une petite femme blonde assez fraîche et d’allure comiquement
cavalière.
Son regard tournant, tel le feu du phare de la Hève, inspecta les personnes et finit
par s’arrêter sur moi.
Elle me sourit d’un petit air aimable, comme une vieille connaissance qu’on est
enchanté de rencontrer.
Moi, ma foi, je lui adressai mon plus gracieux sourire et la saluai poliment.
Mais j’avais beau chercher au plus creux de ma mémoire, je ne la reconnaissais
pas du tout, mais, là, pas du tout.
Et puis, par-dessus les genoux d’un gros monsieur, elle me tendit sa potelée petite
main :
— Comment ça va ? s’informa-t-elle.
J’étais perplexe.
Ma mémoire me trahissait-elle, ou bien si c’était une bonne femme qui me prenait
pour un autre ?
À tout hasard, ...
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