-
5
pages
-
Français
-
Documents
Description
Thérèse SureauHégésippe Moreau1837Illustration de Maitrejean (1902)Moreau - Thérèse Sureau - Maitrejean.pngJe flânais un jour avec délice, bouche béante et le nez en l’air, sous les marronniersen fleurs du jardin des Plantes ; car ce jour était un dimanche, et j’étais alors demon métier compositeur d’imprimerie ; or, par la littérature qui court, c’est unterrible métier, je vous jure. Figurez-vous que j’avais pâli et bâillé toute la semainesur le nouveau roman d’un auteur en vogue. — « Mais, pourquoi donc, avais-jemurmuré vingt fois, souffleter ainsi, brutalement et à tout propos, Vaugelas, Restautet Wailly, avec lesquels je gagerais que ce monsieur n’eut jamais rien à démêler !… » Aussi, dès le matin du jour libérateur, ma main, complice involontaire et noireencore de mille attentats à la langue, s’était cachée honteuse sous un gant. Ledimanche, comme vous savez, est pour le peuple un jour de métamorphoses ; jem’avisai ce jour-là d’être galant.Parmi les promeneurs groupés, toujours curieux et toujours les mêmes, devantl’enceinte close où se pavane l’éléphant, je venais d’apercevoir une jeune damedont j’avais peine à m’expliquer la présence en pareil lieu, car, bien que sa mise fûtd’une grande simplicité, sa figure éclatante de pâleur sous un bandeau de cheveuxnoirs, ne manquait pas de distinction, et ses lèvres plus d’une fois avaient accueillipar un mouvement ironique les sottes observations qui pleuvaient autour de nous.J’épiais l’occasion de lui ...
-
Publié par
-
Langue
Français