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Le Gui de chêneHégésippe Moreau1837Illustration de Maitrejean (1902)Moreau - Le Gui de chêne - Maitrejean.pngUn jour, la date précise m’échappe, mais c’était deux ans environ après la mortd’Hercule, il y avait grande foule et grand bruit à Delphes. Ce jour était le dernierdes jeux pythiens, et, chose inouïe ! les luttes et les courses expiraient sansspectateurs, les athlètes et les cochers triomphaient inconnus, et l’on dit même quele poète Simonide, qui chantait alors en plein vent la gloire de je ne sais quelcheval, n’eut, ou peu s’en faut, que son héros pour auditeur. Mais si l’arène étaitvide, en revanche la foule débordait du temple d’Apollon. Un mot, un mot magiqueavait suffi pour l’y précipiter : « Voici les Héraclides ! » Et ce mouvement de tout unpeuple soulevé par un nom, vous le comprendrez sans peine, ma sœur : il n’est pasune Française, je pense, qui n’eût sacrifié de grand cœur une loge au spectaclepour voir le fils de Napoléon (ce pâle jeune homme qui s’est laissé voir si peu detemps) ! Eh bien ! Hercule était le Napoléon de cette époque et les Héraclidesétaient ses fils. Un mois auparavant, Athènes les avait trouvés, à son réveil,détrônés, persécutés, sans asile, et embrassant sur la place publique l’autel de laMiséricorde. Leur plainte y avait remué tous les cœurs et toutes les épées, et la viehospitalière, armée en leur faveur, les envoyait en ce moment, à la tête d’unethéorie, interroger, suivant l’usage, l’oracle de Delphes sur ...
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