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Alphonse AllaisDeux et deux font cinqIl faudrait le crayon de Callot, doublé de la plume de Pierre Maël, pour donner unefaible idée de l’émotion qui nous étreignit tous deux, le Captain Cap et moi, en nousretrouvant, après ces trois longs mois de séparation.Nos mains s’abattirent l’une dans l’autre, mutuel étau, et demeurèrent enserréeslongtemps. Nous avions peine à contenir nos larmes.Cap rompit le silence, et sa première phrase fut pour me plaindre de revenir encette bureaucrateuse et méphitique Europe, surtout dans cette burlesque Franceoù, selon la forte parole du Captain, il est interdit d’être soi-même.Cap parlait, parlait autant pour cacher sa très réelle émotion que pour exprimer, enverbes définitifs, ses légitimes revendications.C’est ainsi que nous arrivâmes tout doucement devant l’Australian Wine Store, del’avenue d’Eylau ; là, où il y a une petite patronne qui ressemble à un gros et fraisbaby anglais.Notre émotion devait avoir laissé des traces visibles sur notre physionomie, car legarçon du bar nous prépara, sans qu’il fût besoin de lui en intimer l’ordre, deuxCorpse revivers, breuvage qui s’indiqua de lui-même en ces circonstances.Un gentleman se trouvait déjà installé au bar devant une copieuse rasade d’irishwiskey, arrosé d’un tout petit peu d’eau. (L’irish wiskey avec trop d’eau n’a presqueplus de goût.)Cap connaissait ce gentleman : il me le présenta :— Monsieur le baron Labitte de Montripier.J’adore les différentes relations de ...
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