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Alphonse AllaisDeux et deux font cinqJe reçois d’un jeune homme qui signe « Foc » et qui — si mes pronostics sontieexacts — doit être l’un des patrons de la célèbre maison Lou, Foc et C , une sortede petit conte fort instructif et pas plus bête que les histoires à dormir debout quirelèvent de ma coutumière industrie.Alors, moi malin, que fais-je ? Je publie le petit conte du jeune Foc et, pendant cetemps-là, je vais fumer une cigarette sur le balcon.La parole est à vous, jeune homme :UN REMÈDE ANODINIHercule Cassoulade, voyez-vous, c’était un mâle.Il avait deux mètres dix environ, du sommet du crâne à la plante des pieds, et sestripes étaient les plus vastes du monde. Il disait en parlant du Pont-Neuf :— Il est gentil, mais il a l’air bien délicat.D’une gaieté charmante, avec cela, et si bon enfant que la vue seule d’un maladesuffisait à le faire rire.Or, un jour, chose incroyable, cet homme de bronze prit froid et se mit à tousser,cependant qu’on entendait doucement retentir dans ses larges narines poilues lesmotifs principaux des Murmures de la Forêt, de Wagner, arrangés pour coryzaseul.Comme une femme, comme un veau, comme un simple mortel, Cassoulade étaitenrhumé !IIIl montra quelque impatience, cria :— Ça commence à m’embêter ; je suis bon type, mais je n’aime pas qu’on se foutede moi !Même, ayant publié ce manifeste, il gifla sans exception tous ceux qui avaient l’airde rigoler, se prit aux cheveux avec son chapeau et, rapide, s’en alla ...
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Français