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Laurence BECK-CHAUVARD CRUDELES SOMNI : SOMMEIL, SONGES ET INSOMNIE DANS LA POÉSIE AMOUREUSE LATINE S'intéresser aux relations de sopor et amor dans le corpus amoureux latin, c'est approcher un oxymore, tant les confidences des amants font peu de cas du sommeil, ne semblant retenir que son absence, symbole du mal d'aimer. Le sommeil paisible n'intéresse guère, sauf lorsqu'il vient couronner les ébats des amants. Ce sont alors les heures de veille amoureuse qui sollicitent l'attention des poètes : le plus bel exemple de ces heures volées au sommeil n'est-il pas le récit de la sieste d'Ovide et Corinne dans le premier livre des Amours 1? Ces moments de plénitude ne nous retiendront pas, comme ils n'ont pas retenu les poètes. En effet, ce que mettent en avant de façon privilégiée les poésies amoureuses, c'est la cruauté du sommeil. « Crudeles somni » s'écrie l'Ariane ovidienne 2 . Cruel, le sommeil l'est à double titre, soit qu'il se plaise à tromper l'amant ou l'amante, soit qu'il se refuse à lui. Au cœur de la relation sopor/amor, se dresse, en effet, l'insomnie. Notre réflexion nous mènera de Catulle à Valerius Flaccus, au fil d'un corpus amoureux aux délimitations plus larges que celles qu'on lui prête d'ordinaire.
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