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Karine DESCOINGS BARBARUS HIC EGO SUM. LE POÈTE ÉTRANGER DE L'ÉLÉGIE D'EXIL, DANS l'ANTIQUITÉ ET À LA RENAISSANCE. S'intéresser à la postérité humaniste de l'élégie d'exil créée par Ovide dans les Tristes et les Pontiques soulève une première difficulté : il faut découvrir des poètes qui ont connu l'expérience de l'exil. Le genre semble étroitement tributaire de la circonstance qui apparaît comme un point de départ indispensable. L'emploi du terme « exil » stricto sensu nous conduirait à chercher des poètes qu'une décision politique ou un conflit a chassés de leur pays en leur interdisant d'y revenir, à l'instar du poète latin banni de Rome par Auguste en 8 après J.-C. Or, si nous trouvons à la Renaissance quelques exemples d'écrivains exilés 1 , ces auteurs n'ont pas nécessairement choisi le genre élégiaque pour évoquer l'épisode. Pourtant, les longues plaintes du poète romain ne sont pas restées sans écho : elles ont nourri un certain nombre de recueils poétiques humanistes, et non des moindres 2 , comme les Regrets de Joachim Du Bellay (1522-1560), fruits de son séjour romain, qui s'inspirent largement des élégies ovidiennes écrites à Tomes. Aussi, c'est à ce poète qu'une nouvelle définition de l'exil, plus large que la première, peut être empruntée.
- retractatio du modèle antique par les poètes de la renaissance
- élégies ovidiennes
- gètes au cœur de pierre
- poète humaniste
- nec fuerat
- cercle de visages inconnus
- exil
- monde étranger
- langue latine
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