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Français
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2016
Description
la plage ii « Courez,fils de pute! »nous crie le gars encore imberbe en nous rouant de coups. «Courez ! » La plage est plate et sablonneuse. Lorsque nous y arrivons enfin, nous recevons l’ordre de nous coucher à terre. On nous répartit en trois groupes de vingt, à quelques mètres les uns des autres. Hussan est si difficile à mouvoir qu’il ne parvient pas à s’agenouiller assez vite, son frère le tire par la veste. La plage est l’étape la plus dangereuse du voyage. Elle attire les charognards. S’y retrouvent les voleurs de la terre et les voleurs de la mer. C’est là que nous sommes le plus vulnérables. Les réfugiés s’y font souvent attaquer, frapper et dépouiller par les bandits. Parfois ce sont aussi des passeurs mécontents de leur provision qui dévalisent eux-mêmes les passagers. Les gardes-côtes peuvent en outre arriver à tout instant avec leurs chiens, par la mer ou par la terre. D’immenses usines plongent la région dans une lumière éblouissante. La baie d’Aboukir, l’un des plus grands ports industriels d’Égypte. Derrière nous, du côté de la terre ferme, c’est un flamboiement infernal de lumières rouge, orange et jaune. Devant nous, 50 la mer est éclairée par les feux des cargos qui mouillent en rade. Une fumée aux couleurs crues s’échappe au-dessus de nos têtes. « Ô Toi, Père de tous les orphelins », déclare Alaa tourné vers le large, en pleine euphorie. Amar parle avec sa femme: «Nous sommes au bord de la mer», dit-il, allongé sur le sable.
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Publié par
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Publié le
11 mai 2016
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Langue
Français