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Mercure de France, année 19, t. 72, 1908Jean MarnoldMUSIQUELa Symphonie en do de François SchubertLa Symphonie en do de Franz SchubertIl n’est rien de tel que l’absence pour vous faire apprécier quelqu’un. Stendhal laprescrivait en amour ; elle n’est pas moins utile ailleurs. Celle, involontaire et silongue, de M. Chevillard fait d’autant mieux valoir ses mérites qu’elle escamote, enmême temps que lui, ses défauts. Parmi ceux-ci, on peut noter quelquesécheresse, parfois quelque lourdeur accusée par un excès de fignolage, et relevercertaine impéritie d’entendement peut-être à l’égard de la toute « nouvelle école ».Mais jamais certes la qualité exceptionnelle, souventefois la perfection de ce qu’ilnous avait accoutumé d’écouter, n’apparut aussi évidente que depuis qu’il n’estplus là. Privé de lui, l’orchestre Lamoureux ressemble à un esquif sans pilote,flottant au petit bonheur des marées, ballotté au caprice de houles éventuelles et neretrouvant guère son équilibre qu’au hasard de tangages et de rouliscontradictoires. On aperçoit quel danger peut s’ensuivre, pour un remarquableensemble même, à changer constamment de chef. Ce caméléonisme spécial n’amalheureusement pas entraîné un adéquat imprévu des programmes, et s’attestaplutôt au détriment des « quatre heures de musique française inédite » imposées.Une grippe malencontreuse m’empêcha d’assister à la séance où un kapellmeisterétranger, dont le nom m’échappe, fit ouïr, avec les Variations de M. Max ...
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