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Denis DiderotMiscellanea philosophiquesGarnier, 1875-77 (pp. 73-77).SUR LES RECUEILSPHILOSOPHIQUES ET LITTÉRAIRESPUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ TYPOGRAPHIQUE[1]DE BOUILLON .1769.Ce premier recueil est assez bon ; Dieu veuille que les suivants lui ressemblent.La première pièce, sous le titre de Fragments sur le sort de la philosophie chez les Romains, est une bonne apologie de la science.On y voit pendant un assez long intervalle de temps les princes sages et vertueux constamment amis de la philosophie, et enrevanche aussi les philosophes constamment haïs, persécutés sous les princes mauvais et dissolus. L’auteur, M. Robinet, a de lachaleur, de la hardiesse et du nerf. Il dit : « Numa écrivit douze livres de philosophie ; il aurait bien fait d’en écrire douze de plus et defaire douze dieux de moins. L’étrange législateur qui enseigne que les dieux aident les hommes à s’entr’égorger ! C’est commeaujourd’hui, on les invoque dans les deux armées, quoique l’injustice soit au moins d’un côté. On annonçait à Numa l’approche de[2]l’ennemi. « Ils viennent, répondit-il, et moi je sacrifie ; » propos d’un insensé . Son prétendu commerce avec la nymphe Égérie estd’un hypocrite et d’un fourbe : les hommes seraient indignes de bonnes lois s’il fallait une bouche inspirée pour leur en faire connaîtrel’équité. Numa un sage ! ce ne fut qu’un fanatique, un superstitieux ; et il n’y a point de folie plus dangereuse, de vice plus monstrueuxque la superstition, pas même la ...
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