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Denis DiderotMiscellanea philosophiquesGarnier, 1875-77 (pp. 70-72).RÉFLEXIONSSURUN OUVRAGE PUBLIÉ A L’OCCASIONDE LA RENONCIATION VOLONTAIRE DE ROUSSEAU[1]AU DROIT DE CITOYEN DE GENÈVE .1764.Il m’est tombé entre les mains un ouvrage intitulé : Représentations des citoyens et bourgeois de Génève au premier syndic de cetterépublique, avec les réponses du conseil à ces représentations. Pour lire cet ouvrage avec attention, il me suffisait que les questionsqu’on y agite touchassent de très-près à la constitution et à la tranquillité d’un peuple entier, quoique peu nombreux, et d’un peupleque je respecte.Toutes ces questions se réduisent à celle du pouvoir négatif.Ce pouvoir consiste dans la prérogative que les chefs s’arrogent de porter au tribunal du peuple ou de mettre au néant lesreprésentations qui leur sont faites par leurs concitoyens.J’ai été bien surpris de voir qu’à mesure que ma lecture s’avançait, le fond de la chose s’obscurcissait, et qu’alternativement jechangeais d’opinion, donnant tort à ceux à qui je venais de donner raison, et raison à ceux à qui je venais de donner tort. Ce qui mefait penser que peut-être ils avaient raison et tort les uns et les autres. En effet, il m’a semblé :1° Qu’il fallait absolument qu’il y eût dans une république un pouvoir négatif, sans quoi la tranquillité générale serait abandonnée àdes représentations extravagantes, sur lesquelles il serait impossible que l’autorité souveraine ou populaire pût décider, sans ...
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