-
24
pages
-
Français
-
Documents
Description
Denis Diderot
Principes de politique des souverains
Garnier, 1875-77 (pp. 461-502).
◄ Notice préliminaire Principes de politique des souverains
PRINCIPES DE POLITIQUE
[1]DES SOUVERAINS
I.
Entre les choses qui éblouissent les hommes et qui excitent violemment leur envie, comptez l’autorité ou le désir de commander.
II.
Regardez comme vos ennemis-nés tous les ambitieux. Entre les hommes turbulents, les uns sont las ou dégoûtés de l’état actuel des
choses ; les autres, mécontents du rôle qu’ils font. Les plus dangereux sont des grands, pauvres et obérés, qui ont tout à gagner et
[2]rien à perdre à une révolution. Sylla inops , unde præcipua audacia : « Sylla n’avait rien ; et ce fut surtout son indigence qui le
rendit audacieux. » L’injustice apparente ou réelle des moyens qu’on emploie contre eux, est effacée par la raison de la sécurité : ce
principe passe pour constant dans toutes les sortes d’État ; cependant il n’en est pas moins atroce de perdre un particulier par la
seule crainte que l’on a qu’il ne trouble l’ordre public. Il n’y a point de scélératesse à laquelle cette politique ne conduisît.
III.
Il ne faut jamais manquer de justice dans les petites choses, parce qu’on en est récompensé par le droit qu’elle accorde de
l’enfreindre impunément dans les grandes : maxime détestable, parce qu’il faut être juste dans les grandes choses et dans les
petites ; dans ces dernières, parce qu’on en exerce la justice plus facilement dans les grandes.
IV.
L’exercice de la ...
Principes de politique des souverains
Garnier, 1875-77 (pp. 461-502).
◄ Notice préliminaire Principes de politique des souverains
PRINCIPES DE POLITIQUE
[1]DES SOUVERAINS
I.
Entre les choses qui éblouissent les hommes et qui excitent violemment leur envie, comptez l’autorité ou le désir de commander.
II.
Regardez comme vos ennemis-nés tous les ambitieux. Entre les hommes turbulents, les uns sont las ou dégoûtés de l’état actuel des
choses ; les autres, mécontents du rôle qu’ils font. Les plus dangereux sont des grands, pauvres et obérés, qui ont tout à gagner et
[2]rien à perdre à une révolution. Sylla inops , unde præcipua audacia : « Sylla n’avait rien ; et ce fut surtout son indigence qui le
rendit audacieux. » L’injustice apparente ou réelle des moyens qu’on emploie contre eux, est effacée par la raison de la sécurité : ce
principe passe pour constant dans toutes les sortes d’État ; cependant il n’en est pas moins atroce de perdre un particulier par la
seule crainte que l’on a qu’il ne trouble l’ordre public. Il n’y a point de scélératesse à laquelle cette politique ne conduisît.
III.
Il ne faut jamais manquer de justice dans les petites choses, parce qu’on en est récompensé par le droit qu’elle accorde de
l’enfreindre impunément dans les grandes : maxime détestable, parce qu’il faut être juste dans les grandes choses et dans les
petites ; dans ces dernières, parce qu’on en exerce la justice plus facilement dans les grandes.
IV.
L’exercice de la ...
-
Publié par
-
Langue
Français
-
Poids de l'ouvrage
1 Mo