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Les « victimes ». La formation d’une catégorie sociale improbable et ses usages dans l’action collective. Thèse pour le doctorat d’études politiques de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, soutenue par Stéphane Latté le 14 novembre 2008, mention très honorable avec les félicitations du jury. Jury : Nicolas Dodier (INSERM/EHESS, président) ; Didier Fassin (Université Paris-13/EHESS) ; Olivier Fillieule (Université de Lausanne, rapporteur) ; Claude Gilbert (CNRS, rapporteur) ; James Jasper (City of New York University) ; Michel Offerlé (Ecole normale supérieure, directeur de thèse). Population sérielle longtemps dépourvue de visibilité, attribut faible ne se substituant que rarement aux identités de la vie ordinaire (la classe, la profession ou l’affiliation politique), la catégorie de « victime » a connu, depuis les années 1980, un processus multiforme d’objectivation. Cette thèse s’attache d’abord à suivre la construction d’une offre d’identification en termes de « victime », dans une géographie éclatée de lieux et au croisement d’entreprises multiples de labellisation : promoteurs de « politiques publiques d’aide aux victimes » qui, au sein du « bureau de la protection des victimes » du ministère de la Justice ou dans les étages du « secrétariat d’Etat aux Droits des victimes », s’efforcent de constituer les « victimes » en une cible unifiée de l’action publique ; juristes ou criminologues qui, en appelant à la constitution de la « ...
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Français