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12
pages
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Français
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Documents
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2014
Description
Chroniques du pied de biche (quelques éclats de vie par effraction) Plus d'une décennie de partages collectifs a fait que je n'imagine plus vivre seul ou à deux, que je ne saurais plus comment faire sans les boums au petit déjeuner et les brossages de dents collectifs, les ami-e-s qui sautent d'un poids lourd parti de Barcelone et frappent à l'improviste, les journées où chacun-e bosse un peu dans son coin et celles où l'on se rassemble à quinze pour trier la friperie, boucler un journal, préparer une action ou creuser une canalisation. Je ressens que je ne peux juste plus me réadapter à certaines clés de voûte de la « normalité ». Je cultive ce plaisir, un peu comme le fait d'avoir ce sentiment de flip et d'écoeurement qui m'envahit quand j'entre dans un hypermarché. Je crois que squatter apprend à s'adapter à beaucoup de situations invraisemblables mais parvient aussi à induire en nous des formes d'hostilité un peu irrémédiables, et c'est tant mieux. J'ai appris un temps malléable et des journées hétéroclites de peinture, de sciure, de terre, de réunions, d'écriture, de gasoil, de communications câblées, de débats enflammés au détour d'un repas, d’actions en ville et de balades nocturnes.
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Publié par
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Publié le
03 juin 2014
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Langue
Français