L oeil du chaos
117 pages
Français

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L'oeil du chaos , livre ebook

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Description

Tandis qu'une canicule sans précédent frappe l'Europe, Théo, un jeune lycéen de 17 ans, est terrifié quand il réalise que les photos qu'il vient de faire dévoilent l'horreur et le chaos 21 jours à l'avance...
Mais personne ne le croit. Et lorsque, partout dans le monde, le courant disparaît, les avions s'écrasent et que toutes les cloches des chapelles et des églises se mettent à sonner inexplicablement, il est déjà trop tard.
Théo est alors loin d'imaginer l'incroyable mission de survie et d'espoir que le destin lui réserve.

Un thriller d'anticipation à la frontière du réel, percutant et chargé d'émotions.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 08 juillet 2021
Nombre de lectures 5
EAN13 9782372580892
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Jean-Marc Dhainaut



Extrait de

L’ŒIL DU CHAOS





© 2021, Taurnada Éditions – Tous droits réservés
Prologue


Le 23 juillet 2014, dans un communiqué, la NASA dévoilait que la Terre avait échappé, deux ans plus tôt, jour pour jour, à une tempête solaire d’une ampleur considérable et inédite depuis 1859. Selon les spécialistes, le vent solaire aurait pu neutraliser le réseau électrique mondial et interrompre toutes les télécommunications, les liaisons internet, ainsi que les transports aériens, et neutraliser tous les systèmes électroniques. Le communiqué, rendu public, précisait que cette tempête aurait pu provoquer une grave catastrophe mondiale et renvoyer notre civilisation au XVIII e siècle.

Personne n’imaginait pourtant, à ce moment-là, qu’une autre, plus redoutable encore, surviendrait quelques années plus tard…
1


« Vous vous trompez ! Ce qui est en train de se passer est bien plus grave.
– Je maintiens mes propos, c’est une conséquence de plus du changement climatique. Et il faudrait être idiot pour ne pas s’en rendre compte et l’admettre.
– Messieurs, un peu de calme. Nos auditeurs attendent un débat constructif et surtout des réponses à leurs questions. D’ailleurs pour ceux qui viennent de nous rejoindre, je rappelle que notre station émet dans des conditions difficiles. Nos relais essaient d’assurer toutefois une diffusion nationale avec une dérogation nous autorisant à utiliser notre maximum de puissance. Les transmissions en grandes ondes sont inopérantes, nous nous en excusons. Elles sont perturbées par la saturation de parasites dans l’atmosphère à cause des conditions climatiques exceptionnelles sur lesquelles nous tentons de faire le point dans cette émission. Et nous avons pour cela, avec nous, en direct, deux spécialistes : Stanislas Berquou, climatologue, et Igor Ivanev, du CNES, le Centre national d’études spatiales.
– Alors, répondez-moi, monsieur Berquou ! Où sont vos cataclysmes climatiques tant annoncés ? Pendant combien de temps allez-vous repousser leur échéance ?
– L’observation du climat se fait sur le long terme, je vous le rappelle.
– Ben voyons ! C’est comme ça vous arrange !
– Les gens qui pensent comme vous sont dangereux, monsieur Ivanev. Tout ce qui s’est passé ces dernières années ne vous suffit pas ? Que faites-vous de ces orages de plus en plus violents et destructeurs, les sécheresses et les canicules successives qui nous frappent désormais ? La fonte des glaces qui empire depuis plusieurs années au Groenland vient d’atteindre un seuil critique absolu ! Les tempêtes hivernales s’amplifient et se succèdent, les inondations ravagent davantage chaque année et…
– Avec des permis de construire autorisés n’importe où, de la destruction naturelle, du goudronnage et du bétonnage à outrance, ne vous étonnez pas que ça déborde ou que ça chauffe. Mais la question n’est pas de nier que notre atmosphère s’est réchauffée, et c’est vous le climatologue, mais vous savez comme moi que le climat de la terre a toujours évolué, a toujours changé de façon naturelle, avec ou sans nous. Il n’a jamais été stable, il n’a jamais eu de "normalité", n’a jamais été "réglé".
– Mais cette fois, nous sommes responsables ! Vous… Je…
– Vous allez m’écouter ! Vous avez raison sur un point : nous avons un sérieux problème et nous avons mis un beau foutoir sur notre planète, mais nous sommes le 7 juillet, et ce qui est en train de se passer n’a rien à voir avec le réchauffement climatique. Souvenez-vous de ce qui a failli se produire il y a quelques années.
– Je ne vois pas.
– La tempête solaire !
– Et quel est le rapport ?
– Je vous le dis ! Si cette tempête, déjà vue comme une catastrophe évitée de justesse, s’était produite, ses conséquences auraient été dérisoires face à celle qui va nous tomber dessus d’un moment à l’autre. Personne, aucun média ne relaye les observations récentes du soleil qui ont été faites, même celles de mon équipe. C’est grave ! Très grave !
– C’est ce que vous dites qui est très grave. Vous vous rendez compte que vous faites peur aux gens ? Vous avez vu les affrontements dans les rues et les magasins, déjà ? Mais que cherchez-vous, bon sang ? Et vous n’avez pas de leçon à nous donner sur le climat. Pardonnez-moi, Guillaume, j’apprécie votre émission, mais pendant que nous débattons sur le "pourquoi", on en oublie la question essentielle de vos auditeurs : combien de temps cette canicule va-t-elle encore durer ?
– Vous…
– Excusez-moi de vous interrompre, monsieur Ivanev, mais on m’apprend qu’il est de plus en plus difficile de nous capter sur la FM et que de nombreuses coupures de courant viennent de se produire. Attendez un instant… Je… Vous êtes sûr ? C’est pas vrai ! Il semblerait que deux avions se soient écrasés. Où ça ? La régie, vous m’entendez ?
– Deux avions ?
– La régie, avez-vous plus d’informations ? Je… Oh non ! Les avions tombent comme des mouches ? Je… Messieurs… Frrrrtttt… nous devons Frrrrtttt La régie ? Vous m’entendez ? Frrrrrttt stopper l’émiss Frrrtttt…
– Hé ! Que se passe-t-il ? Tout s’est éteint. Frrrttttt Frrttttt Qu’est-ce qui se…
– Dehors ! Frrrrttt regardez dehors… regardez ce ciel ! Frrrt… »
2


Pyrénées-Orientales,
trois semaines avant la catastrophe.

« Hé, Théo ! On se rejoint dans une heure au rocher ?
– Non, pas aujourd’hui, Denis, j’ai un truc à faire.
– Sérieux ? Déconne pas, assure !
– Allez, à d’main ! »
Théo et le jeune garçon qui venait de l’interpeller se connaissaient depuis longtemps. Deux bons amis qui partageaient les mêmes passions : regarder les filles, la photographie et les jeux vidéo. Ils aimaient immortaliser le « monde » autour d’eux dans un milieu naturel : l’araignée qui tisse sa toile entre deux rochers, le papillon posé sur un brin de lavande, le scorpion débusqué sous les pierres au bord de la rivière ou encore le martinet s’approchant de son nid pour nourrir ses petits.
Leurs parents, toujours fous d’inquiétude, ne parvenaient jamais à les raisonner au sujet des endroits souvent escarpés où ils se rendaient. Pour eux, chaque photo originale était comme un trophée qu’ils partageaient sur les réseaux sociaux.
Depuis quelques semaines, la pollution atmosphérique couvrait l’horizon d’un voile terne et Théo avait envie d’autre chose : capturer les paysages et leur donner des effets plus artistiques en utilisant pour cela des logiciels de retouche. Mais une idée bien plus intéressante avait germé dans son esprit : l’effet direct, en temps réel.
À la veille du week-end du 10 et 11 juin, Théo rentrait chez lui après ses cours. Sa page Facebook, sur laquelle il publiait toutes ses photos, comptait déjà plus de six mille abonnés.
Il jeta son sac dans un coin sous le regard désabusé de sa mère, puis monta l’escalier et se précipita dans sa chambre. Sur son bureau, il avait poussé ses cahiers, ses devoirs et le clavier de son ordinateur pour faire place à un petit atelier de bricolage : perceuse de précision empruntée à papa, limes, tournevis, colle… Rien ne manquait à la réalisation sur laquelle il travaillait.
Il avait en tête de modifier un objectif grand-angle en y intégrant un prisme qu’il avait lui-même retaillé, ainsi que quelques miroirs miniatures. Un travail de longue haleine et de grande minutie, son ardeur rafraîchie par un ventilateur sur pied près de lui.
Son but était, à l’aide du prisme et de la décomposition des rayons du soleil qu’il provoquait, de réaliser des effets de couleurs inédits et abstraits sur des photos. Une idée certainement loufoque et vouée à l’échec, mais qui lui était venue en retrouvant le kaléidoscope que son père avait gagné dans une fête foraine quelques années plus tôt : il suffisait de regarder dans celui-ci, comme dans un télescope, puis de tourner une molette pour faire varier tout un tas d’effets colorés et géométriques.
Il n’avait encore aucune idée du résultat que cela produirait sur des photos, mais la simple envie de l’expérimenter l’excitait. La présence du prisme en plein milieu de l’objectif était toutefois un obstacle, car il allait créer une zone morte que Théo espérait supprimer avec de petits miroirs inclinés. Il savait déjà les nombreux essais qu’il lui faudrait faire pour conserver une image entière, suffisamment nette et sans trop de distorsions. Il y avait bien une petite voix qui lui murmurait que c’était foutu, que ça ne pourrait jamais marcher, mais une autre lui hurlait de tenter.
C’était vendredi, et il aurait tout le week-end pour potasser ses devoirs.
Devant lui se trouvait un objectif complètement désossé qu’il avait racheté pour quelques euros sur une petite annonce précisant « matériel H.S. ».
Théo ponçait le prisme à la loupe en lui donnant la forme d’une pyramide. Selon ses calculs, chaque face recevrait l’image de la lentille de l’objectif et la projetterait avec des effets de couleurs sur les miroirs orientés vers le capteur optique de l’appareil photo. D’autres réflecteurs bien placés se chargeraient de couvrir la zone occultée par le prisme. C’était très minutieux, et pour augmenter la place dont il avait besoin, il avait rallongé l’objectif avec du tube PVC noir, et bricolé des encoches permettant d’emboîter le tout sur son appareil photo. Il n’avait suivi aucun plan, juste son intuition, son savoir-faire et sa créativité.
« Qu’est-ce que tu fais ? » lui demanda Bastien, 10 ans, son petit frère à la curiosité aiguisée, regardant par-dessus son épaule en dégustant une rousquille.
« Fiche-moi la paix ! Et ne touche à rien. »
Le jeune Bastien tourna les talons, vexé, et repartit jouer dans sa chambre.
Il faisait lourd, étouffant. Le ciel devint subitement noir. Un orage s’était formé au-dessus des montagnes. Des éclairs cisaillaient le ciel, et sur l’instant, Théo regretta de ne pas être allé rejoindre son copain, Denis. Photographier la foudre était aussi un défi excitant auquel il commençait à songer.
Célia, sa mère, avait débranché tous les appareils sensibles. La f

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